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Les atouts de la filière


La filière du cuir en France présente l’avantage d’être totalement intégrée, de l’amont à l’aval. Ses métiers sont divers et recherchés. Dans le domaine du luxe, sa réputation, à échelle mondiale, s’appuie sur un tissu très vivant d’artisans, de techniciens, d’industriels. Nombreux sont les créateurs et les marques statutaires, « prescripteurs » dans la mode. Moins connus du grand public, les « outils » de la filière, très ciblés, garantissent la qualité, la certification, la formation.
Les peausseries françaises s’imposent, dès l’amont. Elles proviennent de quatre régions, Rhône-Alpes, Alsace-Lorraine, Aquitaine et Midi Pyrénées, où les tanneurs travaillent les grandes peaux (vaches, veaux, taureaux) et les mégissiers, les petites (chèvres, agneaux, peaux exotiques). Ces spécialistes, amoureux de la matière, sont devenus des fournisseurs experts et de vrais partenaires au sein du luxe et des marchés de niche. Sensibilisés à la nécessité de devenir une « industrie propre », ils ne cessent de réinventer la matière. Au service de la mode mais aussi de l’ameublement, un secteur porteur avec des développements dédiés.

PHOTO : Richard Pigments

 
Elle a plusieurs images : l’artisanat haut de gamme, le luxe, la podo-orthèse, l’industrie qui, elle aussi, a une vraie tradition. Il suffit de citer les noms de Raymond Massaro, Roger Vivier, Christian Louboutin, Robert Clergerie, Paraboot, Heschung pour constater la notoriété de la chaussure hexagonale. Quelle que soit la spécialité, la performance est présente, du Label Bottier qui attire à nouveau les jeunes à la spécialité enfantine, concentrée autour du Pôle Technique de Cholet. Réputée pour sa qualité comme pour sa créativité, la chaussure française l’est aussi pour son « chaussant » : un art « technique » à part entière, qui promet à chaque âge un confort adapté. N’oublions pas la chaussure de sécurité, règlementaire dans les industries lourdes et légères, le BTP, l’agroalimentaire, la chimie, le transport…

PHOTO : robert clergerie

Si elle intègre aussi la sellerie (automobile, nautique…), la maroquinerie s’illustre surtout sur la scène de la mode. Le sac – ce prolongement naturel du corps – est devenu un accessoire « phare » au point de générer la très médiatique expression « it bag » et même, sur la Toile, des sites très fréquentés de « sacs à main à louer ».  Les maroquiniers issus du luxe – Louis Vuitton, Hermès, Lancel entre autres – ont donné l’exemple aux griffes de prêt-à-porter qui ont intégré la maroquinerie à leur stratégie de diversification. Tradition et innovation se conjuguent autour d’un produit valorisé par sa matière. 

PHOTO : léonard

La France est reconnue pour être le berceau de la ganterie. Saint-Junien, Millau, Grenoble demeurent les sites historiques où des maisons traditionnelles perpétuent un savoir faire unique de haute qualité. Au côté d’Agnelle ou de Georges Morand, Causse – fondé en 1892 et redynamisé dans les années 2000 – incarne le renouveau créatif d’un artisanat au service du luxe. Le gant de protection, utilisé dans les grandes industries, est l’autre axe de développement sur le territoire.

PHOTO : agnelle

Le point de vente, à l’extrémité de la chaîne, est le lieu privilégié où l’homme, devenu consommateur, peut toucher, essayer, s’approprier le produit « cuir ». La matière, elle-même, par sa diversité nécessite un accompagnement adapté. Le choix d’une paire de chaussures est un bon exemple. La capacité d’écoute, la qualité du service et de la vente illustrent une connaissance et un professionnalisme réels, faisant de la distribution, un bassin d’emploi multiple, polyvalent, évolutif.

PHOTO : stéphane kélian